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Le lévrier, un chasseur redoutable

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Qui s'aviserait d'affirmer que le Lévrier fut le premier des chiens de chasse ?

Et pourtant comment ne pas reconnaître à ce chien toutes les qualités indispensables pour détecter, alerter, poursuivre et vaincre au sol le plus rapide des gibiers. Tout y est : l'œil perçant, la ligne aérodynamique, le réflexe vibrant, la dent qui broie et le muscle d'acier.

Qu'importe donc, comme le souligne très justement le docteur Brunet, que les Lévriers ne constituent pas aux yeux de la science un réel ensemble ethnique; tous semblent avoir été créés, modelés, élevés, dressés pour un but identique : la chasse.

Il faut retenir simplement que c'est du Lévrier, chien de chasse par excellence, qu'il s'agit aussi loin qu'on puisse remonter dans la documentation cynégétique. Deux siècles avant Jésus-Christ, Arrien, sans le décrire, disait déjà toutes les qualités sportives de ce chien partout où gîtent le lièvre ou le lapin, et l'on n'évoque pas le Moyen-Age sans la présence, à côté du cheval de chasse ou du chasseur, de cet aristocratique compagnon qui a depuis longtemps ses lettres de noblesse.

Les races en sont encore un peu obscures, mais à partir du XVIe siècle on pourra déjà distinguer : 1 les grands Lévriers, puissants, robustes, venus de Bretagne, d'Écosse ou de Tartarie, qui chassent le cerf ou le loup; 2 les Levrons d'agrément, d'où naîtra le Whippet; 3 les Lévriers de taille moyenne, chassant le lièvre et le renard, et faisant dans certaines régions si grand carnage que le roi, en 1740, s'en inquiétait. En moins de deux mois, en effet, 117 lièvres avaient été pris à la course par des Lévriers appartenant aux officiers des régiments installés à Béthune. On songeait donc déjà à cette époque à réglementer sévèrement l'utilisation des Lévriers pour la chasse.

La loi du 3 mai 1844 devait porter aux Lévriers le coup fatal, et de nos jours encore, la chasse ou « coursing » sur le lièvre est interdite aux Lévriers si elle n'est pas pratiquée en terrain clos.

Lévriers de chasse! Quels vers les auront mieux chantés que ce poème en prose extrait du Feu du grand D'Annunzio !

« Ils étaient là les chiens, graves ou tristes, pleins de somnolence et de songe, loin des plaines, des steppes et des déserts, couchés sur le pré de trèfle où serpentaient les courges avec leurs fruits d'un vert jaunissant... Il y avait là le Lévrier d'Écosse, natif des hautes montagnes, au poil rude et épais, plus dur et plus fourré vers la gorge, avec son museau gris comme du fer neuf. Il y avait le Lévrier d'Irlande, destructeur de loups, roussâtre, robuste, et dont l'œil brun montrait le blanc. Il y avait celui de Tartarie, bringé de jaune et de noir, originaire des immenses steppes asiatiques où, la nuit, il gardait et défendait la tente contre les hyènes et les léopards. Il y avait celui de Perse, blond, exigu, aux oreilles couvertes de longs poils soyeux, pâle sur le flanc et sur le bas des jambes, plus gracieux que les antilopes qu'il avait tuées. Il y avait le Galgo espagnol, immigré avec les Maures, bête magnifique que le nain pompeux tient en laisse sur la toile de Vélasquez, si instruit à rejoindre et à abattre dans les plaines nues de la Manche ou dans les landes de Murcie et d'Alicante, plantées d'alfa. Il y avait le Sloughi arabe, illustre déprédateur du désert, à la langue et au palais sombres, avec tous les tendons visibles, avec toute l'ossature révélée à travers la peau fine, à un très noble faîte d'orgueil, de courage et d'élégance, habitué à dormir sur les beaux tapis et à boire le lait pur dans un vase immaculé. Et, rassemblés comme une meute, ils frémissaient autour de celui qui savait réveiller dans leur sang en torpeur les instincts primitifs de la poursuite et de la tuerie... ».